Angoulême Appart’City ne paie plus les loyers.

Les propriétaires des logements Appart’City ne sont plus payés depuis le mois de mars et ce n’est pas la première fois. Certains sont en difficulté et la résidence reste fermée cette été.

Ce devait être un com­plé­ment pour la retraite. Un investisse­ment pro­duc­tif. Résul­tat, cette pro­prié­taire d’un apparte­ment dans la rési­dence hôtelière Appart’City à Angoulême en bas de l’av­enue de Cognac, qui préfère garder l’anony­mat par pudeur, se retrou­ve « dans une impasse finan­cière. Mon endet­te­ment est bien supérieur à la norme admis­si­ble ».
Ils sont une cen­taine de par­ti­c­uliers à avoir acheté il y a 10 ans des apparte­ments dans cette rési­dence hôtelière. Un investisse­ment qui per­met de se con­stituer un pat­ri­moine immo­bili­er tout en défis­cal­isant pen­dant une dizaine d’an­nées. Et qui fonc­tion­nait plutôt bien au début. Chaque mois. les par­ti­c­uliers perce­vaient un loy­er qui leur était ver­sé par Appart’City qui en avait la ges­tion. « C’est un ren­de­ment à 5 ou 6 % très cor­rect… quand ils payent ». accorde Sal­mi Lach­gar. prési­dent du con­seil syn­di­cal et de l’association des copro­prié­taires, rési­dent à Magnac-sur-Tou­vre.
Mais voila. Appart’City ne paie plus de loy­er depuis que la France a été con­finée en mars dernier. Ni à Angoulême, ni dans les autres villes où la rési­dence hôtelière est implan­tée. Richard Duhoux. qui sera à la retraite dans cinq mois, ne tien­dra pas bien longtemps à ce rytme. Cet agent de maîtrise dans le trans­port urbain à Mont­bauge. mais pro­prié­taire à Angoulême. doit assumer seul les 800 euros de rem­bourse­ment de prêt, alors qu’il ne perçoit plus ses 400€ de loy­er depuis qua­tre mois.

Un précé­dent avec « la crise de 2016 »

Ce n’est pas la pre­mière fois qu’Appart’City ne paie plus. Les pro­prié­taires angoumoisins ont encore en mémoire « la pre­mière crise de 2016 ». Appart’City, en dif­fi­cultés finan­cières. avait cessé de pay­er les loy­ers pen­dant un an. À force de négo­ci­a­tion et de démarch­es. les pro­prié­taires avaient fini par récupér­er les sommes dues. après avoir accep­té de baiss­er les loy­ers de 5 % pen­dant deux ans.
Cette fois. la rési­dence hôtelière « nous demande de faire une croix sur six à huit mois de loy­er. en échange de rien! ». Une propo­si­tion inac­cept­able pour les pro­prié­taires. qui seraient prêts néan­moins à accepter un étale­ment des loy­ers.

Cette fois le ges­tion­naire nous demande de faire une croix sur six à huit mois de loy­ers, en échanges de rien!

De son côté. Appart’City met en cause la crise san­i­taire et le con­fine­ment. En mars. la société a fer­mé un bonne par­tie de sa cen­taine de rési­dences à tra­vers la France. soit 13000 apparte­ments appar­tenant à I0000 pro­prié­taires. « Nous faisons tout pour hon­or­er les loy­ers. mais c’est dif­fi­cile ». dit-on au ser­vice com­mu­ni­ca­tion. sans occul­ter les dif­fi­cultés finan­cières passées. « Depuis deux ans. la société a renoué avec de bons résul­tats. Les rela­tions arec les pro­prié­taires se sont apaisées. Mais depuis la crise du Covid-19 et toutes ces semaines d’i­n­ac­tiv­ités, on a con­nu une perte de chiffre d’af­faires impor­tante. Mais on se bat pour aller chercher les clients. »

Ou leur deman­dera de nous ren­dre les clés

« Sur quelles bases nous deman­dent-ils huit mois sans loy­er ? Le con­fine­ment est ter­miné depuis longtemps. Si on ne peut pas récupér­er les loy­ers. on leur deman­dera de nous ren­dre les dés. Une clause dans le bail nous per­met de chang­er de ges­tion­naire. affirme Sal­mi Lach­gar. qui est cer­tain du poten­tiel de cette rési­dence. Le bâti­ment est atyp­ique, il n’y pas de con­cur­rence sur ce secteur. il y a des écoles avec des étu­di­ants en face et le quarti­er est en pleine réha­bil­i­ta­tion. »
Depuis quelques semaines, deux apparte­ments sont en vente sur le Bon­coin, un de 20m² à 80100€, l’autre de 24m² à 78 000€. Pas sûr que or soit te bon moment pour trou­ver pre­neur.

La rési­dence tou­jours fer­mée
Appart’City dit avoir rou­vert une soix­an­taine de sites en France depuis le 8 juin, mais tou­jours pas Angoulême, en jus­ti­fi­ant que l’Appart’City charentais « situé en ville fonc­tionne avec le tourisme d’af­faires et que c’est une péri­ode com­pliquée pour ce type de rési­dence. Il n’y a pas de deman­des. Nous réfléchissons à une ouver­ture début sep­tem­bre». Une déci­sion que les pro­prié­taires ne com­pren­nent pas, « Com­mentvont-ilsat­tir­er des clients s’il­sne rou­vrent pas ». s’in­ter­ro­gent Sal­mi Lach­gar et Richard Duhoux. Qui ne com­pren­nent encore moins que la rési­dence reste fer­mée pen­dant le Fes­ti­val du film fran­coph­o­ne qui se tien­dra à Angoulême fin août !

Arti­cle paru le 17 juil­let 2020 dans Char­ente libre de
Chris­telle LASAIRES, ch.lasaires@charentelibre.fr

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